Une autre histoire du sport... conférence gesticulée sur le sport. Avec humour et auto-dérision, un ancien sportif aujourd'hui repenti explique pourquoi il a lâché le sport.
La conférence gesticulée est un outil d’éducation populaire et genre comico-pédagogique inventé par Franck Lepage de la SCOP Le pavé en 2006, afin de perpétuer la mémoire de Christiane Faure par son œuvre « Inculture(s) 1 - L’éducation populaire, monsieur, ils n’en ont pas voulu... ». On pourrait plus précisément définir la conférence gesticulée comme la rencontre entre des savoirs chauds et des savoirs froids. Cela ne donne pas un savoir tiède, cela donne un orage !
Les savoirs « chauds » sont les savoirs « illégitimes », savoirs populaires, savoirs politiques, savoirs de l’expérience, savoirs utiles pour de l’action collective… s’il faut faire partie du CNRS pour être autorisé à poser une parole publique en France sur un sujet, du coup, ce qu’on a compris pendant 20 ans d’activité ne vaut pas grand-chose et n’a que le statut méprisé d’« états d’âme ».
Et les savoirs « froids » alors ? L’université publie d’excellentes analyses politiques, sociologiques, sur tous les sujets dont nous avons besoin… Boltanski et Bourdieu sur la culture du capitalisme, Castel sur le social, Eme et Wuhl sur l’insertion, Dubet sur l’école, Donzelot sur la Ville, Parlebas, Caillat ou Brohm sur le sport… comment se fait il que ces savoirs ne servent à rien dans la mobilisation et l’action collective ? Les « acteurs » sociaux ne lisent pas ou peu la production des intellectuels, qui elle-même ne rencontre pas ou peu le travail des acteurs sociaux. L’idée de la conférence gesticulée est celle d’une transmission, qui n’est JAMAIS autorisée, jamais organisée : la transmission de l’expérience collective, (c’est-à-dire politique) que nous emmagasinons au fil de notre expérience. La conférence gesticulée est une arme que le peuple se donne à lui-même.
La conférence gesticulée est une forme volontairement pauvre, pour ne pas être parasitée par des considérations « culturelles » où l’esthétique prendrait le pas sur le politique. Permettre à autrui d’entrer dans notre subjectivité et d’y atteindre l’universel et donc le politique. Dévoiler les systèmes de domination à l’œuvre tels que nous les avons vécus et rassembler des savoirs utiles pour l’action collective.